le Chacal et la Girafe
-la symbolique en CNV-

la symbolique en CNV

Le Chacal et la Girafe…. Mais c’est quoi ces marionnettes là ? On n’est pas des enfants ?!”, m’a déjà dit un participant.

Marshall a pris ces 2 animaux comme symbole à la fois ludique et pédagogique (je les utilise moi-même beaucoup dans mes stages, j’adore le coté direct, clair et touchant qu’ils amènent), pour représenter:

LE CHACAL:

Une langue basée sur la croyance, que moi en tant qu’être humain, je pense savoir ce qui est bien/mal et bon/mauvais. Ça s’infuse dans mon language sous forme de:

A) Jugements “Tu es égoïste, il est flemmard, je suis nul-le…”
B) Language basé sur les “Il faut, Je dois, Tu devrais….”
C) Comparaison “Je suis plus….Il est moins que….”

Le language chacal n’est pas ‘mal’ -sinon je reste dans le même paradigme de pensée Bien/Mal- je dirais que c’est plutôt une stratégie, un moyen pour essayer de nourrir mes besoins…La “tragédie” du language chacal c’est que d’après mon expérience de vie, souvent ça ne nourrit pas mes besoins …. et ne crée pas la coopération tant souhaitée….la personne tend à se défendre, attaquer en retour ou se couper du lien, prendre de la distance.

Par exemple si je dis à mon compagnon en rentrant chez moi: Putain Bonno, y’ en a partout là, ta vaisselle dans l’évier, tes chaussettes par terre, du dentifrice dans la salle de bains, pffff j’en ai marre, tu ranges rien, tu nettoies rien, t’es bordéliqueeeeeeee!”, je doute que lui prenne l’envie de s’agenouiller devant moi en me remerciant pour ma vulnérabilité et que ça l’inspire à me soutenir dans l’ordre et la beauté que je souhaite tant…Pour l’avoir vécu 🙂 il va plutôt se défendre, m’attaquer en retour: “C’est toi qu’a un balai dans le c……!” ou prendre de la distance, genre: “Parle toujours… je fais ma life”.

Si j’écoute les besoins universels humains derrière ma phrase:
“Putain Bonno, y’ en a partout là, ta vaisselle dans l’évier, tes chaussettes par terre, du dentifrice dans la salle de bains, pffff j’en ai marre, tu ranges rien, tu nettoies rien, t’es bordéliqueeeeeeee!”
Si j’essaie d’entendre derrière les mots ce à quoi cette personne aspire (moi en l’occurence ;)), j’entends des besoins d’ordre, harmonie, beauté, voir même une paix et clarté intérieure et du coup de la disponibilité.

LA GIRAFE:

symbolise le language de la CNV, une description de la réalité: mes observations, sentiments, besoins et éventuellement une demande, plutôt que de juger ou d’étiqueter. Cette langue Girafe m’aide à reprendre mon pouvoir en ramenant les choses à soi, en parlant de moi, plutôt que d’essayer, en vain, de changer les autres pour nourrir mes besoins.

Par exemple: “Bonno, je suis crevée là, et quand je vois la vaisselle, le dentifrice, les chaussettes, j’ai une grosse vague de stress,  trop envie de me détendre, de pouvoir me siroter un verre de vin tranquille et ça m’est moins facile de me détendre quand le maison est moins rangée que ce ce que j’aime, ça te dit on prend 10mn et on range ensemble?”

ETTTTTT d’être ouverte à ce que l’autre puisse dire “NON”, parler ainsi n’est pas dans l’intention que l’autre fasse ce que je veux mais plutôt de prendre soin du lien, de la relation et de créer une coopération qui éventuellement contribue à ce que l’autre veuille me soutenir à nourrir mes besoins.

J’adore les chacals, je ne tente pas de les éradiquer ni de les éviter (je suis comme ça, j’ai hérité de milliers d’années d’éducation et de language chacal, mes racines sont chacals! Que je le veuille ou non, à la vitesse de la lumière, quand quelqu’un-e fait quelque chose qui ne me va pas, je juge),  j’essaie plutôt de les écouter et de les traduire, c’est là que la CNV a été un réel changement de paradigme pour moi, le jour ou j’ai entendu Marshall dire “Tous les jugements, la violence, est une manière tragique et maladroite d’exprimer des besoins universels humains”.

“Quoi?! Alors, ça veut dire que dès que je juge quelqu’un-e ou quand quelqu’un-e me juge, c’est en fait la version maladroite d’un besoin qui cherche à se dire!!!?”
Ça a été pour moi un grand moment cette réalisation, comme la vision d’un autre monde possible, la clef pratique pour aller vers ce fameux “champs” dont parle Poète et Sufi Rumi: “Au delà du bien et du mal, il y a un champs, c’est là que je souhaite te rencontrer”.

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